Au pays des yankees
Pour Caro.
Comme tous les jeunes j´ai moi ausi cherché
cette inquietánte luer qui brille dans l´aventure.
Comme tous les jeunes j´ai trainé mes reves
dans la fange sublime de la nuit.
L´alcool pour la séduction et le corps pour l´ ivresse
m´ont donné la mesure de mondes secrets
qui bientot vont se conclure en jardins d´ennui,
comme l´initiale passion se mure en un jardin d´hiver.
Tout m´est fatigue et cafard. Les pommes mordues
ont un gout amer de promesse non tenues:
une fois la séduction accomplie il ne reste rien.
Satisfaire un désir cést embrasser la brume.
Comme tous les jeunes j´ai parié pour le diable
et je n´ai pas vendu mon ame a prix d´ expert;
je suppose que j´ai raté l´innocence et la Gloire,
mais les jeunes n´ont jamais craint l´Enfer.
Meme s´il me reste du temps et que me retienne
la caresse équivoque du monde, je suis mort aux passions.
Parce que tout est un long baillement. Et je m´en fiche
de parier pour l´echec. Comme tous les jeunes.